Guinée : le grand retour à l’Union africaine cinq jours après l’investiture de Mamadi Doumbouya

Guinée : le grand retour à l’Union africaine cinq jours après l’investiture de Mamadi Doumbouya

janvier 24, 2026 Non Par Guineecontact.com

Après plus de quatre années d’exclusion, la République de Guinée est officiellement réintégrée au sein de l’Union africaine (UA). Cette décision, annoncée le 22 janvier 2026 à Addis-Abeba, survient cinq jours après l’investiture de Mamadi Doumbouya comme président de la République, le 17 janvier 2026 au stade Général Lansana Conté de Nongo à Conakry.

La Guinée avait été suspendue de l’UA en septembre 2021, à la suite du putsch qui avait porté le général Doumbouya au pouvoir. Quatre ans plus tard, la tenue de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, validée par la Cour suprême, a été considérée par l’UA comme un tournant vers le retour à l’ordre constitutionnel.

Le Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’Union africaine a décidé de lever la suspension de la Guinée, invitant le pays à reprendre immédiatement sa participation aux activités de l’UA. Dans son communiqué, le CPS appelle Conakry à poursuivre la mise en œuvre de réformes politiques, notamment en vue de l’organisation d’élections législatives dans un délai raisonnable et au renforcement de l’État de droit.

À Addis-Abeba, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a souligné que ce retour était « le résultat d’efforts concertés pour restaurer l’ordre constitutionnel et rétablir la légitimité démocratique ». Il a rappelé le rôle historique de la Guinée comme État cofondateur de l’UA, notamment son engagement dans la décolonisation africaine.

Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, avait lui-même encouragé la levée des sanctions, estimant que la Guinée avait atteint un « jalon décisif » dans sa transition politique, tout en appelant à la consolidation de la gouvernance démocratique et à la cohésion sociale.

À Conakry, l’investiture du général Mamadi Doumbouya le 17 janvier 2026 avait attiré de nombreux dirigeants africains et représentants internationaux, marquant une ambiance solennelle et festive. Le président nouvellement élu s’était engagé à gouverner avec « intégrité, justice et responsabilité », affirmant sa volonté de bâtir des institutions crédibles et une culture politique renouvelée.

Sur place, des acteurs de la société civile ont salué le retour de la Guinée à l’UA comme un signal positif pour la stabilité diplomatique et régionale. « C’est un grand pas pour notre pays », déclare Aissata Diallo, responsable d’une ONG de promotion démocratique à Conakry. « Après des années d’isolement, cette réintégration nous ouvre à nouveau les portes de la coopération continentale ».

En revanche, certains observateurs restent critiques : « Le processus électoral était loin d’être parfait », note Oumar Sylla, analyste politique. « L’UA doit rester vigilante et encourager des réformes profondes pour que cette réintégration soit durable ».

Si l’Union africaine a considéré que la Guinée a amorcé son retour à l’ordre constitutionnel, l’heure est désormais à la mise en œuvre concrète des engagements politiques et institutionnels. L’organisation continentale a fait savoir qu’elle accompagnera Conakry dans ces processus, notamment la préparation d’élections législatives inclusives et le renforcement du dialogue politique national.

Avec son retour officiel à l’UA, la Guinée espère ainsi tourner la page d’une crise longue de plusieurs années et réaffirmer son rôle sur la scène continentale, mais la route vers une démocratie pleinement consolidée reste encore semée d’obstacles.

Mohamed Conté pour guineecontact.com