Guinée-2025 : Trois piliers de la refondation législative du CNT
janvier 14, 2026Élections, Institutions et Culture au cœur de la Transition
En 2025, le Conseil National de la Transition (CNT) a concentré son action sur trois (03) axes majeurs, considérés comme essentiels à la refondation de l’État guinéen. Ce sont la crédibilité du processus électoral, la consolidation des institutions républicaines et la structuration du secteur culturel. Ces thématiques ont donné lieu à l’adoption de textes structurants, appelés à façonner durablement la Guinée post-transition.
D’abord les Élections. Il a été question pour le CNT, de poser les bases d’un retour crédible à l’ordre constitutionnel. Le nouveau Code électoral, adopté en septembre 2025, constitue sans doute le texte le plus emblématique du travail du CNT. Première loi organique issue de la nouvelle Constitution, il définit l’architecture complète du système électoral guinéen.
Ce texte fixe les règles d’organisation des élections présidentielles, législatives, locales et sénatoriales ; redéfinit la composition de l’Assemblée nationale (147 députés) ; consacre la création d’un Sénat comme seconde chambre du Parlement ; et précise les conditions d’éligibilité, de financement des campagnes et de contentieux électoral.
Sous la houlette de Dr Dansa Kourouma, le CNT a défendu un code visant à réconcilier les citoyens avec le vote, après des décennies de contestations électorales. L’objectif affiché est clair : garantir des élections inclusives, transparentes et juridiquement sécurisées, condition sine qua non d’une transition réussie.
Ensuite les Institutions. Dans ce volet, il fallait donner corps à la nouvelle Constitution. Le deuxième pilier des réformes de 2025 concerne la construction institutionnelle. Le CNT a adopté plusieurs lois organiques fondamentales, destinées à rendre opérationnelle la nouvelle Constitution.
Parmi les textes majeurs, il y a la loi organique sur la Cour constitutionnelle, gardienne de la légalité constitutionnelle et arbitre des conflits institutionnels ; la loi organique relative à la Cour suprême, renforçant l’indépendance et la hiérarchie de l’ordre judiciaire ; la loi encadrant les partis politiques, qui impose des règles strictes de création, de fonctionnement, de financement et de transparence.
Ces lois traduisent une volonté manifeste de rompre avec l’informalité institutionnelle et d’installer un État de droit structuré, fondé sur la séparation des pouvoirs et la responsabilité des acteurs politiques.
Enfin la Culture, qui a été une reconnaissance juridique et économique du patrimoine national. Pour la première fois dans l’histoire législative récente de la Guinée, la culture s’est imposée comme un axe stratégique de la transition. En octobre 2025, le CNT a adopté quatre lois majeures dédiées au secteur culturel.
Ces textes portent notamment sur la protection des instruments traditionnels de musique et de danse ; l’organisation des spectacles vivants ;
le statut juridique et social de l’artiste ; l’encadrement des métiers du cinéma et de l’audiovisuel.
Au-delà de la préservation du patrimoine, ces lois visent à professionnaliser les industries culturelles, à sécuriser les revenus des acteurs du secteur et à faire de la culture un levier de cohésion sociale et de développement économique.
Bref, c’est une vision globale de la refondation. À travers ces trois thématiques (élections, institutions et culture), le CNT a démontré en 2025 une approche globale de la transition, celle de sécuriser la démocratie, solidifier l’État et valoriser l’identité nationale.
Sous la présidence de Dr Dansa Kourouma, le CNT s’est positionné comme un acteur central de la reconstruction juridique du pays, laissant en héritage un socle législatif appelé à encadrer durablement la Guinée de l’après-transition.
Mamadouba Conté


